Book Review #6

English

Why I’m No Longer Talking to White People About Race – Reni Eddo-Lodge

The first time I tried to read this essay was in June 2018, it was a book that was fascinating yet it exposed hard-to-take truths. I stopped reading it after sixty pages and went back to it two years later, this time listening to the audiobook read by the author herself, Reni Eddo-Lodge. I needed her to take my hand and to accompany me in this exploration of the history of English racism to be sure I could go all the way this time.

It is true that when we think of anti-black racism, we most often think of American history and we forget that it existed and continues to exist elsewhere on the globe. Reni Eddo-Lodge questioned her black British identity and set off to explore her own history. This essay is the result of several years of research and interviews carried out in this direction.

The first information that has shaken me was the decision of the English government at the time of abolishing slavery, to compensate the financial loss of former slave owners. The world had not changed (silly me), so it was neither an admission of violation of any human rights whatsoever nor an intention to give back to black people their freedom, and their dignity in the process. Indeed, they were not free but rather left to themselves, marginalized and asked to return home to the Caribbean, Africa or wherever. A special thought for Ambalavaner Sivanandan, the Sri Lankan-born Director of London’s Institute of Race Relations who once said « We are here because you were there. » The other difference between the United States and Great Britain is the absence of direct contact between the masters and their slaves, the latter living on their own lands several thousand kilometers away and all that the English perceived from this relationship was the money it brought them regularly. These  « invisible » slaves to the English eye were not without consequences on the memory and the collective conscience of these people.

Reni Eddo-Lodge explains to us how she came to no longer want to discuss the subject of race with whites, she shares with us anecdotes from university and bits of conversations between one of her metis friends and her white mother. She educates us on the difference between racism and prejudice, the reality of structural racism and white privilege, the need for intersectional feminism, and responds to those who say that the real problem is class and not race. The author also reminds us of the extra effort to be made by racialized people to lift the veil on our past and to recover a part of our erased memory. A necessary step and condition to become aware of the real issues of the world in which we live and of the responsibilities of each and every one to rebalance the balance of power.

In this essay, we find observations that often come up when dealing with this subject. First of all, the fear of losing one’s privileges while denying them, taking them for granted as if they were a natural right and seeing the act of questioning them  as an act of rebellion or sheer stupidity. However, not all white people live in denial and the author concludes by insisting on the need to act, each on their own scale and to go beyond mere awareness which is no longer sufficient today to do justice. « There’s No Justice, There’s Just Us. »


Français

Le racisme est un problème de blancs – Reni Eddo-Lodge

La première fois où j’ai essayé de lire cet essai remonte à juin 2018, c’était un livre en même temps fascinant et exposant des vérités dures à encaisser. Je l’ai mis en pause après une soixantaine de pages pour le reprendre deux ans plus tard sous forme d’audiobook lu par l’autrice elle-même, Reni Eddo-Lodge. J’avais besoin qu’elle me prenne par la main et m’accompagne dans cette exploration de l’Histoire du racisme anglais pour être sûre de pouvoir aller jusqu’au bout cette fois-ci.

Il est vrai que lorsqu’on pense au racisme anti-noir.e.s, nous pensons le plus souvent à l’Histoire américaine et nous oublions qu’il a existé et continue de l’être ailleurs sur le globe. Reni Eddo-Lodge s’est posé des questions quant à son identité noire britannique et est partie à la découverte de son Histoire. Cet essai est le résultat de plusieurs années de recherches et d’interviews effectuées dans ce sens.

La première information qui m’a secouée a été la décision du gouvernement anglais au moment d’abolir l’esclavage, de dédommager les anciens propriétaires d’esclaves pour compenser leurs pertes financières. Le monde n’avait donc pas changé (silly me), ce n’était donc ni un aveu de violation de quelques droits humains que ce soient ni une intention de redonner aux noir.e.s leur liberté, et leur dignité au passage. En effet, ils et elles n’étaient pas libres mais plutôt livré.e.s à eux/elles-mêmes, marginalisé.e.s et prié.e.s de retourner chez eux/elles aux Caraïbes, en Afrique ou peu importe. Une pensée pour Ambalavaner Sivanandan, le Directeur d’origine Sri-Lankaise du London’s Institute of Race Relations qui avait une fois déclaré « We are here because you were there. » L’autre différence entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne est l’absence de contact direct entre les maîtres et leurs esclaves, ces dernier.e.s demeuraient sur leurs propres terres à plusieurs milliers de kilomètres de là et tout ce que les anglais percevaient de cette relation était l’argent que ça leur rapportait régulièrement. Ces esclaves « invisibles » à l’œil anglais n’a pas été sans conséquences sur la mémoire et la conscience collective de ce peuple.

Reni Eddo-Lodge nous explique comment elle en est arrivée à ne plus avoir envie de discuter du sujet de la race avec les blanc.he.s, elle partage avec nous des anecdotes vécues à l’université et des bouts de conversations entre une de ses amies métisses et sa mère blanche. Elle nous éduque sur la différence entre le racisme et le préjudice, la réalité du racisme structurel et du privilège blanc, la nécessité du féminisme intersectionnel et répond à celles et ceux qui affirment que le vrai problème est la classe et non la race. L’autrice nous rappelle également l’effort supplémentaire à fournir en tant que personnes racisées pour lever le voile sur notre passé et retrouver une partie de notre mémoire effacée. Une étape et condition nécessaires pour prendre conscience des véritables enjeux du monde dans lequel on vit et des responsabilités de chacun et chacune pour rééquilibrer les rapports de force.

Dans cet essai, nous retrouvons des observations qui reviennent souvent lorsqu’on traite ce sujet. Tout d’abord la peur de perdre ses privilèges tout en niant en détenir, ils sont devenus des acquis, un droit naturel et les remettre en question est vu comme un acte de rébellion ou une pure bêtise. Pourtant, tou.te.s les blanc.he.s ne vivent pas dans le déni et l’autrice conclut en insistant sur la nécessité d’agir, chacun.e à son échelle et d’aller au-delà de la prise de conscience qui n’est plus suffisante aujourd’hui pour rendre justice. « There’s No Justice, There’s Just Us ».

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